Divergence

Pour le réalisme révolutionnaire

13 décembre 2008

De quoi a peur la LCR?

Comme je l'écrivais en fin d'article sur le licenciement, les responsables du forum du NPA viennent de me virer du site.

Le fait, est, comme en témoignent les articles ci-dessous:

Le NPA : couvrir ou affronter les organisations syndicales

La gauche archaïque et la droite moderne

que je n'ai pas épargné politiquement sur ce forum les tenants de la ligne de la direction de la LCR.

Mais que s'agit-il de construire,  dans ces "comités NPA" et ce forum? La LCR ou le NPA?

Et depuis quand de véritables révolutionnaires - au contraire de leurs caricatures bureaucratiques-  ont-ils peur du débat? D'autant qu'en ce qui me concerne, cela se sera réduit à quelques interventions, et discussions parfois très ouvertes et enrichissantes avec d'autres camarades, aussi bien "écosocialistes" que "libertaires" ou tenants d'une ligne révolutionnaire.

J'interviens seul sur ces forums, et ne peut intervenir dans les comités, puisque je milite en Belgique. Je ne constituais donc aucun "danger sérieux", je n'insultais pas les intervenants et contrairement à certains des défenseurs de la ligne de la direction de la LCR, j'ai préféré des réponses politiques à  des insinuations et procès d'intention.

Il semble que la LCR, relativement ouverte vers les opinions plus à droite, soit décidée à maintenir une ligne ultra-sectaire face à l'opposition de gauche.

Au besoin, l'on déformera les positions des adversaires.

Comment déformer les positions de ses adversaires en tablant sur la faible culture politique des intervenants

Il est intéressant de revenir sur un type de déformation, fréquent de la part de cette tendance, pour en démonter le mécanisme.

Si la plupart des organisations révolutionnaires caractérisent la LCR plutôt comme une organisation "hésitant entre la révolution et le réformisme", il est par contre fréquent de qualifier de réformiste telle ou telle de ses positions particulières.

Comme on peut le lire dans le texte "Le Réalisme révolutionnaire face à l'utopie réformiste", le terme de réformiste n'est nullement pour moi une insulte, ni le signe d'un passage du côté de la bourgeoisie. C'est une erreur, ou une faiblesse.

Mais il est vrai que le PS fut un parti réformiste,(ce qu'il n'est même plus)  que la social-démocratie dont il est l'expression actuelle en France,  est passée du côté de la bourgeoisie depuis sa trahison de 1914, où elle approuva le carnage des soldats dans la guerre impérialiste, et n'a cessé depuis d'être du côté des oppresseurs contre les opprimés.

Je parle là de l'organisation politique social-démocrate, non de ses militants, qui comptent  parmi eux(de moins en moins quand même) de sincères alliés de la classe ouvrière, de sincères défenseurs des opprimés.

A mes yeux, leur engagement dans le PS est une erreur, pas une trahison. Et il en va de même pour tout réformiste sincère, comme mon texte le souligne. De nombreux défenseurs des droits de l'homme,des prisonniers, des SDF, des immigrés et de nombreux mouvements associatifs sont politiquement des réformistes. Mais clairement dans leurs actes des alliés des travailleurs et des opprimés.

Il n'est venu à personne de sérieux dans le mouvement trotskiste  l'idée de prétendre que la LCR, le POI ou LO sont passés du côté de la bourgeoisie! Nous laissons ce genre de délire sectaire à l'ultra-gauche antitrotskiste comme les CCI.

Mais comme pour un militant de la Ligue, qui ignore généralement nos positions,  réformiste = PS, seul parti réformiste aux yeux de la LCR (la Ligue ajoute éventuellement le PCF et les Verts, mais sans insister) et que le PS, tout le monde est d'accord là-dessus, le PS compris d'ailleurs, défend le capitalisme,  cela va permettre la manipulation suivante, effectué par un des intervenants à l'intention de militants du CRI:

" On a d'un côté nos "purs révolutionnaires"  du CRI qui vomissent à longueur de page [souligné par moi] (sur leur site) sur la LCR en déformant ses positions.

Le terme réformiste implique de la part du CRI que la LCR est de l'autre côté de la barrière de classe, qu'elle défend le capitalisme et empêche l'émergence d'un parti révolutionnaire.

De l'autre côté, sur ce forum, et vis à vis du NPA, le CRI  se présente comme voulant faire "avancer le débat", demandant à ce que l'on discute gentiment du fond"

Le tour de passe-passe est joué: les militants qui critiquent les positions réformistes de la direction de la LCR sont des sectaires délirants qui nous rangent dans le camp de la bourgeoisie. Nous, direction de la LCR et apparentés, ne répondrons pas à leurs propositions politiques. Ne les écoutez pas, et suivez dans l'unité. Silence dans les rangs.

Voilà les militants du NPA prévenus.

Le miroir des sectaires

Sans doute faudrait-il lier cela à l'exclusion des comités de 2 militants du CRI, exclusions dont je sais peu de choses, mais que, dans le cadre du forum, personne n'a été capable de justifier. Sauf par le type d'arguments ci-dessus.

Comme j'ai défendu, dans la discussion dont est extrait cette intervention, les propositions du CRI (tout en soulignant que c'était à première lecture, je ne les ai pas analysées dans le détail) et que j'ai réagi à ces accusations sans fondements qui avaient surtout pour objet d'empêcher un débat politique sur le fond, ces accusateurs du CRI m'ont pris pour un membre du CRI: il ne pouvait leur venir à l'idée qu'un militant révolutionnaire puissent se déclarer en accord avec certaines positions d'un autre groupe que le sien, et les défende contre des accusations infondées. Vous avez dit sectarisme?

Sectaire, voilà justement une des accusations préférées des tenants de la direction de la LCR à l'égard de son opposition de gauche. Ils prennent appui sur le fait que ces organisations sont petites. Le problème est que le caractère sectaire n'a rien à voir avec la taille de l'organisation.

Des petits groupes sectaires considérant tous les autres comme des traîtres et des contre-révolutionnaires, il en existe. Ils enverront quelques poignées de militants à l'échec, et c'est déjà regrettable.  La LCR, elle, risque d'envoyer des milliers de militants et de sympathisants de la cause révolutionnaire à l'échec, par sa politique opportuniste, par la confusion de ses positions, par son attitude sectaire vis-à-vis de l'opposition de gauche. Elle risque de semer le découragement, et la division. Car c'est un paradoxe que cet apparent effort vers l'union qu'est le NPA risque fort, dans les conditions où il est initié, de conduire à plus de divisions encore.

Le NPA est mal parti.

Espérons que ses militants sauront éviter les écueils vers lesquels l'entraîne la direction de l'ancienne LCR. Mais pour cela, il faut que les militants sortent du sous-développement politique dans lequel les maintient la direction de la LCR (je reviendrai sur ce point) et il faut surtout qu'en son sein le combat soit sans relâche pour le respect des règles démocratiques de toute organisation révolutionnaire, pour l'encouragement à l'esprit critique, et à une réfelxion personnelle sérieuse.

(NB: à noter que la suppression de mon compte a entraîné l'illisibilité de mes interventions (visibles, mais avec le code HTML): la mesquinerie et le sectarisme ont toujours fait bon ménage. Le sectaire a remplacé par la hargne la colère du révolutionnaire)

Posté par charp à 20:05 - Réformisme et révolution - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Le NPA: couvrir ou affronter les directions syndicales?

Le NPA va-t-il suivre les bonnes traditions de la LCR, en protégeant sur leur gauche les directions syndicales? Faisant "pression" sur elles plutôt que de dénoncer leurs trahisons? J'espère qu'il n'en sera rien.

J'espère que le NPA va clairement et fermement dénoncer le rôle de ces directions et lutter contre elle dans les syndicats, appeler les travailleurs à en reprendre le contrôle.

Mais les articles sur la Grèce en page d'accueil du site du NPA n'incitent pas à l'optimisme.

Les militants du NPA doivent être très attentifs aux infos qui leur sont données, multiplier les sources (avec le net, c'est assez facile): c'est une condition impérative d'un fonctionnement vraiment démocratique du parti!

Concernant la grève générale et le rôle des directions syndicales, on peut lire dans le dernier article du site de la NPA:

"mercredi, la journée de grève générale contre les salaires et les statuts de misère a été fort bien suivie, et surtout , les calamiteuses manoeuvres du ministre Karamanlis n'ont pas marché : les directions des syndicats (GSEE, confédé du privé, et ADEDY, Fédé du public) ont refusé de repousser la grève et d'annuler le rassemblement.

Et, comme cela avait été prévu à l'origine, une manif a bien eu lieu, à l'initiative d'un très très gros pôle radical constitué entre autres de militant-e-s de la gauche anticapitaliste". (j'adore le "très très gros"! ça , c'est de l'info! Passons)

Ecrit comme cela, il semble que les directions syndicales ont courageusement résisté aux pressions du gouvernement. Hourrah pour les directions syndicales!

Seulement voilà...

Relisons mieux: "comme cela avait été prévu à l'origine, une manif a bien eu lieu, à l'initiative d'un très très gros pôle radical". Sans autre source d'infos, on ne peut pas comprendre le vrai sens de cette phrase.

Voici d'autres sources:

"Malgré les violences à Athènes et dans plusieurs autres villes, les deux grandes centrales syndicales du pays, la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE, 600.000 adhérents) et la Fédération des fonctionnaires (Adedy, 200.000 membres), ont ignoré un appel du Premier ministre à renoncer à toute manifestation dans la capitale.

Mais les syndicats ont cependant pris en compte la situation: ils ont annulé un grand défilé prévu dans le centre d'Athènes et appelé les travailleurs à un rassemblement "paisible" devant le parlement, sur la place Syntagma, à 12h00 (10h00 GMT).

Les syndicalistes communistes (PAME) ont prévu de leur côté de manifester dans le centre d'Athènes avant le rassemblement syndical."

(AFP)

"The central demonstration in Athens took place from 10 am to 2 pm, despite the decision of the trade-union federation leadership to limit itself in a meeting. The blocks of the Communist Organization of Greece marched from the initially fixed meeting place towards the Parliament, uniting during the demonstration with the other allies of the Coalition of Radical Left (SYRIZA). The blocks of SYRIZA composed the bulk of the whole meeting.

campo antiimperialista

(note: campo antiimperialista, sauf erreur de ma part, est le site d'une organisation d'origine maoïste membre de la coalition Syriza)

"La grève générale était prévue de longue date, mais le Premier ministre, Costas Caramanlis, avait appelé les syndicats à renoncer à toute grande manifestation, pour éviter de nouveaux heurts. Les deux grandes centrales syndicales du pays, qui comptent environ 800.000 membres, ont annulé un grand défilé dans le centre d'Athènes, mais elles ont appelé les travailleurs à un "rassemblement paisible", sur la place Syntagma, en face du parlement grec.
La tribune"

Autrement dit, les principales directions syndicales ont cédé aux pressions du gouvernement et tenté d'annuler la manifestation, au profit d'un "rassemblement pacifique". (Annuler tout eut été suicidaire pour ces centrales). Mais l'extrême-gauche, dont Syriza et les autonomes, les enseignants, le syndicat pro-communiste (dont la base doit être plus exigeante) et vraisemblablement nombre de travailleurs membres des principaux syndicats, ont maintenu, contre ces directions, la manifestation.

Mais il y a plus gênant encore, dans l'attitude de la direction actuelle du NPA, telle qu'elle s'exprime sur le site:

Revoyons l'article précédent, à propos de la Grèce:

"une grève générale massive de 24 heures devait avoir lieu, mercredi 10 décembre, alors que les enseignants étaient déjà en grève. Ce sera le meilleur moyen de faire prendre conscience du lien entre la crise capitaliste et la répression policière menée par le gouvernement de la droite libérale, que le mouvement social doit chasser"(1)

Chasser le gouvernement par une grève générale de 24 h? Vous voulez rire? Bon, ce n'est pas vraiment ce que dit l'article, mais aucune critique n'est faite de ce genre de grève qui ne sert qu'à empêcher une vraie mobilisation des travailleurs, qui elle doit passer par une grève générale illimitée.

Grève générale illimitée? Est-ce vraiment le moment? Encore un mot d'ordre de sectaires archaïques", comme la direction de la LCR aime à appeler ceux qui luttent pour une orientation révolutionnaire du parti?

"Dans l’un des amphis du premier étage, étudiants et travailleurs font le point dans une assemblée générale sur les moyens d’organiser la lutte commune pour contraindre Caramanlis à jeter l’éponge. Militant de la gauche de la gauche, un syndicaliste harangue l’AG : «Il ne faut pas plier jusqu’à ce que le gouvernement démissionne.» «On ne peut pas attendre les journées d’action prévues pour la fin du mois : il faut maintenir la pression», renchérit un autre sous les applaudissements, évoquant «une grève à durée indéterminée». Un médecin s’inquiète de voir les directions syndicales accepter les propositions d’augmentation des salaires du gouvernement, «tombant dans le piège du pouvoir».

Libération

"tombant dans le piège du pouvoir" ou tendant un piège aux travailleurs? Ce n'est pas avec le genre d'infos actuellement diffusées sur le site du NPA que les militants pourront se faire une vraie idée du rôle des directions syndicales.

L'article le dit, des réunions ont eu lieu entre ouvriers et étudiants. Le rôle d'un parti révolutionnaire est d'organiser ou d'aider à organiser ce type de jonctions, ce qui ne pourra se faire que contre les directions syndicales, qui voudraient que les travailleurs se cantonnent dans un rôle de spectateurs face aux luttes des jeunes contre le pouvoir et la répression policière.

De nombreux articles de la presse bourgeoise soulignent aussi que le gouvernement actuel est totalement dépassé, et semble perdre le contrôle. Le mot d'ordre de gouvernement ouvrier doit être avancé: on ne peut se contenter de "faire pression" ou de "dénoncer". Il faut aussi proposer une alternative sérieuse!

(1) l'article de Rouge , l'organe de la LCR,  concluait quant à lui:

"une grève générale massive de 24 heures devait avoir lieu le mercredi 10 décembre, alors que les enseignants étaient déjà en grève. Ce sera le meilleur moyen de faire prendre conscience du lien entre la crise capitaliste et la répression policière menée par le gouvernement de la droite libérale, que le mouvement social doit chasser".

D’Athènes, Andreas Sartzekis "

Andreas Sartzekis est membre de la section grecque du SU, l'organisation internationale de la LCR

Ne vous fatiguer pas à comparer: ce sont exactement les mêmes phrases que l'article du NPA.  Mais ce dernier  n'est pas signé.

 

Posté par charp à 18:20 - Actualités - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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